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LES ORIGINES DU CHIEN


Les premiers mammifères apparurent il y a 200 millions d'années. Ils se nourrissaient d'herbe et peuplèrent la plus grande partie du globe.
La diversification des espèces donna naissance, il y a 100 millions d'années, aux Créodontes qui, eux, se nourrirent de viande. Ce furent les premiers carnassiers.

Les Créodontes évoluèrent à leur tour et, 50 millions d'années avant notre ère, ils laissèrent la place aux Miacidés, petits carnivores de la taille et de l'apparence de la belette. Ils colonisèrent l'Amérique du Nord puis l'Eurasie qu'ils gagnèrent par le détroit de Béring, non encore immergé à l'époque.
C'était il y a 35 millions d'années.
Pendant les 25 millions d'années suivantes cette famille de carnivores prit racine dans différentes régions, évoluant en fonction des climats, des terrains et des gibiers différents auxquels il durent s'adapter.
Les Miacidés devinrent Cynodictis, puis Hesperocyon et Tomarctus.
Il y a 10 millions d'années, les individus retournés en Amérique du Nord, au hasard de leurs migrations, s'y fixèrent.
Apparût alors le Canis Lépophagus, que l'on peut considérer comme l'ancêtre du Canidé moderne.
A son tour, ce dernier repassa le détroit de Béring.
En Amérique du Nord ses descendants seront le Chacal et le Loup Américain.
En Eurasie le Canis Lupus Chanco et le Canis Lupus Pallipes.
Ce dernier est à l'origine des Chiens dits primitifs, car leur domestication n'a jamais été réussie et leurs caractéristiques sont restées très proches du stade initial, comme par exemple le Dingo Australien, apparu il y a 12 à 13.000 ans.
En Europe le Canis Cipio engendrera le Coyote et le Canis Etruscus enfantera du Loup Européen.

La période qui suit ne permet malheureusement pas de définir avec précision la filiation et l'évolution des différentes espèces.
Qui, du Chacal, du Coyote ou du Loup, est le grand-père du Canis Familiaris, le véritable aïeul de notre chien moderne ?

Les théories scientifiques actuelles, appuyées de récentes découvertes à l'occasion de fouilles, tendent à pencher pour le Loup.
Aujourd'hui, on distingue deux branches issues de cette évolution :
- Canis, qui comprend le Chien, le Loup, le Chacal, le Coyote et la Hyène.
- Vulpus, qui regroupe toutes les variétés de Renards.

Les premières traces de cohabitation et de domestication du Canis Familiaris remontent à environ 10.000 ans.
L'Homme de l'époque vit en meute hiérarchisée, comme lui, chasse le même gibier et fréquente les mêmes territoires.
Tous deux ont un fort instinct grégaire, synonyme de survie. Il est probable que cette promiscuité et cette concurrence aient donné lieu à de sanglantes rencontres, avant que quelques représentants canins, tenaillés peut être par la faim, se soient laissés tenter par la chaleur d'un foyer.
Ce furent les premiers pas vers ce qui devait devenir une indissociable coopération.

Très vite, l'Homme a compris les avantages qu'il pouvait retirer des fantastiques qualités de cet animal.
Des sens plus aiguisés que les siens, des facultés physiques plus adaptées à la chasse, une endurance supérieure à la sienne et une socialisation rendue facile par la volonté d'intégration instinctive du chien.

Dans chaque région, sous chaque climat et dans chacune des étapes de son évolution et de sa survie, l'Homme a pratiqué un élevage sélectif qui a affiné les caractères spécifiques du chien et a donné autant de variétés de cet animal qu'il y avait de situations différentes.
A partir de l'emploi primitif de chasseur pour lequel il était utilisé, le Chien est devenu plus tard le gardien efficace des habitations sédentaires ou nomades de l'Homme, ainsi que celui des troupeaux qu'il élevait.
En Egypte, 3.000 avant notre ère, il incarna Annubis, gardien des morts, et fût momifié avec les Pharaons.

En Grèce il devint Cerbère, aux portes de l'Enfer.

En Chine, les Empereurs lui firent une place sur leur trône.
Les romains l'initièrent à l'art de la guerre…

Ce n'est qu'à partir de la fin du 19ème siècle qu'un nouveau rôle lui a été attribué, qui rend hommage à son intelligence, à son amour et à sa fidélité... ...celui de Compagnon de tous les jours.
Ordre des Créodontes :
Ce sont des formes ancestrales dont certaines voies évolutives ont donné naissance aux Carnivores. Ils apparaissent au Paléocène dans le Nord de l'Amérique et s'épanouissent à l'éocène.
La carnassière (dent) quand elle existe, était peu spécialisée ou occupait une position variable.
Leur cerveau avait des caractères primitifs (peu plissé), mais les lobes olfactifs était très développés.
Le crâne était beaucoup plus gros par rapport au corps que chez les Carnivores.
Les membres étaient encore primitifs : comme chez les Ongulés, les mouvements de rotation du poignet étaient impossible et comme chez les Marsupiaux les phalanges étaient bifides.
Famille des Hyaenodontidés :
C'est la famille qui correspond au groupe le plus varié des Créodontes.
Parmi les quatre sous-famille celle des Hyaenodontinés renferme les espèces les mieux adaptés au régime carnivore.
Leurs molaires sont coupantes, dépourvues de métaconide, les carnassières sont nettement spécialisée. Les membres indiquent des animaux adaptés à la course.
Les origines du chat
Les Miacidés, qui vivaient au début de l'ère tertiaire, voici quelques 50 millions d'années, sont considérés comme les ancêtres communs aux chats et aux chiens.
Miacidé
Puis l'oligocène, de 37 à 25 millions d'années avant notre ère, vit apparaître le 1er félin, Proailurus, à l'origine du chat et de tous les félidés actuels. Ensuite au Miocène, entre 25 et 7 millions d'années, les Proailurus firent place aux Pseudaelurus qui émigrèrent de l'Eurasie à l'Afrique, puis vers l'Amérique du Nord et se diversifièrent.
Proailurus et Pseudaelurus
Apparurent ainsi les Machairodus et leurs cousins les Smilodons.
Ces derniers, carnivores aux dents en forme de sabre, ont donné les Félidés modernes.
Smilodon
À partir de 5 millions d'années avant notre ère, les Félidés se sont divisés en 2 familles distinctes :
* les Félinés (Petits félins),
* les Panthérinés (Grands félins).
Apparues en Asie, ces 2 familles se sont ensuite disséminées un peu partout dans le monde, sauf en Australie et à Madagascar.
Vivaient donc alors en Europe des Panthères et des Lions, différents des espèces modernes, un Guépard géant et un petit félin, le Lynx d'Issoire, ancêtre du Lynx boréal.
C'est en Italie, dans un gisement datant d'1,8 millions d'années, que l'on retrouve les 1ères traces de Felis Silvestris, notre chat sauvage actuel, descendant du Felis Lunensis.
L'hypothèse la plus communément admise veut que le chat domestique soit issu de la même espèce que le chat sauvage, au travers de croisements issus :
- du Chat des forêts d'Europe (Felis Silvestris),
- du Chat ganté d'Afrique (Felis Libyca),
- du Chat orné d'Inde (Félis Ornata).
C'est d'ailleurs cette dernière variété qui est considérée comme la plus proche de notre chat domestique (Felis Cattus).
Domestiqué depuis longtemps en Égypte, où il était déifié, entre autres, sous les traits de la déesse Bastet, Félis Ornata fût croisé avec Felis Libyca.
Le produit, ramené en Europe par les grecs et les romains, se croisa à son tour avec Felis Silvestris.
C'est de ces croisements, et des mutations dues à l'acclimatation ou à la sélection, que sont nées les différentes races que nous connaissons aujourd'hui.
Origines II
Apparus sur terre il y a 2 millions d'années, le loup, selon la zone géographique où il se développe sera de petite taille ou très puissant, selon la loi de Bergman qui veut que les individus subissent l'influence du milieu.
Le loup des plaines ou des forêts est petit mais celui qui vit en montagne est très puissant.
En Eurasie on trouve au Tibet le Canis lupus laniger (Hogson 1847) et le Canis lupus niger (Sdater 1874), en Mandchourie et en Mongolie le Canis lupus DorogostaiskIl (Skalon 1936).
Le loup laineux donnera le Dogue du Tibet que l'on considère comme l'ancêtre des molosses et qui vit sur les hauts plateaux à une altitude moyenne de 4 000 à 5 000 m, à côté d'autres animaux à fourrure épaisse comme les yacks ou les moutons.
Des auteurs décriront ces "mâtins" : "Il y a même quelques uns de ces derniers dont la taille et le poil sont tellement conformes à ceux du loup qu'on s'y tromperait dans les bois à quelque distance".
Ces colosses rustiques et à demi sauvages vont se répandre peu à peu dans le monde entier, que ce soit tout près de là, comme la Mandchourie, le Kazakhstan, l'Inde, la Chine où le roi Fo-Hi en parle déjà en 3468 avant notre ère.
Cela va donner les chiens des Allains, cette peuplade barbare de l'Europe septentrionale et du nord-ouest de l'Asie, qui les utiliseront pour combattre les Huns et pour envahir la Gaule, l'Espagne et l'empire romain.
L'autre direction que prendront les descendants du Dogue du Tibet sera l'Assyrie et, du temps de Nabuchodonosor, on représente ces chiens sur les bas reliefs.
Les Hyksos qui vont envahir l'Egypte sont aidés par leurs terribles compagnons à quatre pattes, qu'un auteur décrira ainsi :
"Ils attaquent les taureaux, s'élancent sur les sangliers impétueux et leur donnent le trépas.
Pleins de confiance en leurs propres forces, ils ne redoutent pas même les lions, leurs souverains ...".
Les Egyptiens l'adoptent et le représentent sur des tombeaux ou sous forme de jouets datant de la 18è dynastie.
On voit des chiens à l'apparence de dogue mais plutôt allégés, à mi-chemin avec le Lévrier.
La prochaine étape de notre Dogue sera tout naturellement la Grèce et l'Italie où on va le nommer le Molosse d'Epire ou Epeirote.
Selon Nemesien et Martial "Le chien de Molossie (autre nom de l'Epire) est un dogue au corps massif et imposant le poil lisse, une grosse tête au nez écrasé avec un stop (cassure du nez) marqué, les oreilles semidressées, un poitrail large, des pattes puissantes". Il est utilisé pour la chasse et pour la guerre par Pyrus roi des Perses, par Alexandre le Grand, par les Lydiens, par Marc Aurèle... On le retrouve dans tous les pays d'Europe au Moyen Âge, où souvent, il s'agit d'un véritable mélange de très gros chiens ayant pour origine ceux des envahisseurs comme les Allains venus d'Asie ou les Romains.
Les Gaulois ou les Goths ont des chiens courants spécialisés dans la chasse au lièvre que l'on nomme Vertragus (pieds rapides), lorsqu'il est uni à d'autres races il devient le Mastin ou Mastinel.
Dès le Xllè siècle, on utilise le terme d'Alan sans doute donné du nom des envahisseurs qui l'amenèrent avec eux. Il existe plusieurs orthographes, on peut écrire : Alan, Allan, allain, allant. P
hoebus écrit aussi : "un alant tient plus fort sa morsure que ne feraient trois lévriers", alors que Chaveer (1340 1400) dira : "Autour de son char venaient de blancs allains au nombre de vingt et plus, de la taille de jeunes boeufs pour chasser le lion ou pour courir le daim".

Gaston Phoebus dans son "Livre de la chasse" qui date de 1387, fait la distinction entre plusieurs types d'Alans : "Ils ont quelque peu l'allure d'un vilain lévrier, mais avec une grosse tête, de grosses lèvres et de grandes oreilles".
Pour lui, il y a :
- l'Alan noble, qui ressemble le plus à un lévrier avec une tête plus grosse et des oreilles droites.
- l'Alan vautre, plus lourd avec une grosse tête et de grandes oreilles pendantes, qui chasse le sanglier ou l'ours.
- l'Alan de boucherie, puissant, les oreilles coupées, porteur d'un collier à clous vers l'extérieur :
"Vous pouvez les voir tous les jours dans les villes, car les bouchers les utilisent pour se faire aider à y conduire le bétail acheté à la campagne ...
Ils ne nécessitent pas beaucoup de dépenses car ils se nourrissent avec les déchets de boucherie. Ils gardent la maison de leurs maîtres ... mais ce sont des animaux méchants avec une vilaine stature".
- l'Alan noble est également appelé Alan gentil, ce qui signifie de race, alors que le mâtin est un mélange de plusieurs races (mâtiner).
On lui permet de rentrer dans le château et de se mêler à la vie de ses maîtres, son esthétique est appréciée : "la stature doit être exactement semblable à celle d'un lévrier dans tous les domaines, à l'exception de la tête, qui doit être grosse et courte.
Bien qu'il y en ait de tout pelage, le meilleur et le plus couvrant est le blanc avec quelques taches noires près de l'oreille.
Les yeux doivent être très petits, les narines blanches, les oreilles droites et pointues, aussi pour ce faire on les lui coupe ...".
Est-ce déjà le portrait de notre Dogue Allemand ?
En 1342, Alfonso XI décrira dans son livre de chasse un molosse espagnol proche du Mastiff.
En 1644 seront différenciés trois types de molosses : le Dogo, le Mastin, l'Alano, des chiens qui, souvent sous l'appellation de Dogue de Cuba, s'illustrent de façon sinistre en aidant aux massacres des Indiens lors de la conquête du Nouveau Monde.

On pense qu'en Allemagne le mot "dog" viendrait du vieil allemand "dock" qui apparaît vers 1050.
Dans le cloître de la cathédrale de Zurich, des illustrations du Xllè siècle montrent ces différents types de chiens.
D'autres auteurs proposent que le mot dogue soit emprunté à l'anglais "dog", au XIVè, c'était une insulte "French dog" (chien de Français).
Furetière, en 1690, dira : "le dogue est l'alan des anciens".
En fait, avant que la cynophilie officielle ne prenne en charge de manière scientifique la sélection des races, il en existait autant que de régions avec des appellations liées au lieu ou à l'emploi tenu par ces chiens.
On y trouve le Bullenbeisser (mordeur de taureaux) qui allait être à l'origine des molosses allemands comme le Boxer, le Bàrenbeisser (mordeur d'ours) utilisé pour la chasse en forêt et en montagne, le "Saupacker" ou "Hatzrude Saufauger" (tueur de sanglier), le "Tiggerdogge" (dogue tigré = bringé), le "Altdeutsche Dogge (dogue allemand ancien), le "Kürsshunde" que le Dr Gessner (1406) va décrire comme un chien de chasse très imposant, chasseur puissant mais également très élégant ce qui lui permet de fréquenter les cours seigneuriales.
Les meilleurs d'entre eux seront élevés au rang de "kammerhunde" (chien de cour), ils sont porteurs de collier en or et peuvent aller où bon leur semble, y compris dans les cuisines ou sur les lits.
Les seconds que l'on considère comme moins bons sont des "leibhunde" et portent des colliers d'argent, leurs déplacements sont surveillés et souvent même ils sont interdits à l'intérieur.
Le nom peut être lié au lieu d'origine, on l'appelle alors Dogue d'Ulm, Dogue de Stuttgart, Dogue du Wurtemberg, etc...



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